Guerre contre la liberté

8 Jan

Ce soir, je pleure.

Je regarde les nouvelles, je lis les articles, je tombe sur les images de l’attaque et j’en tremble. Un hoquet. Des larmes. Le silence.

On dit souvent que les nouvelles de ce qui se passe dans le monde nous donnent envie de pleurer. Mais cette fois-ci, c’est différent. Les larmes ne sont pas factices.

Sans le cacher, c’est sous le coup de l’émotion et avec toute mon humilité que ce soir, je fais partie des innombrables personnes voulant mettre par écrit mon ressenti suite à l’attaque terroriste qui a fait douze morts au sein de l’hebdomadaire satirique français « Charlie Hebdo ».

Des mots. Il semble que ce soit la seule arme que nous ayons pour le moment. Le seul moyen pour réagir à l’horreur. Ils voulaient nous faire taire. Ils n’ont réussi qu’à nous faire parler. On en parle. Tout le monde en parle. Ils voulaient nous faire peur. On ne se laissera pas faire. « Même pas peur ». On ne laissera pas la terreur envahir notre vie, envahir le monde.

Ce soir, je sens que le monde bascule. Un peu plus. Il y aura un avant et un après « 7 janvier 2015 ». Cette attaque nous a tous touché. Non seulement parce qu’elle s’est passée à quelques centaines de kilomètres de chez nous et que c’est la plus grave attaque terroriste que n’aie jamais connu la France, mais aussi parce qu’elle met en péril bien plus que notre liberté d’expression.

Ce drame nous choque parce qu’il s’attaque non seulement à la société dans laquelle nous vivons et au modèle démocratique auquel nous croyons, mais aussi et surtout, ce drame nous touche parce qu’il s’attaque à nous, à chacun de nous. Il agresse nos libertés en temps qu’êtres humains. Cette attaque semble dire : « Vous pensiez vivre dans une société sécurisée et être libres de vos actes et vos paroles ? Vous aviez tort. »

Ne me dites pas que ce soir, vous n’avez pas peur. Je ne vous croirais pas. Moi j’ai peur. J’ai peur que le monde devienne chaque jour un petit peu plus fou. J’ai peur que les extrémistes deviennent de plus en plus extrêmes. J’ai peur que la violence ne se banalise.

Ce soir nous sommes tous en deuil. Nous pensons à nos proches. Nous pensons à nos idéaux, piétinés sur l’autel de croyances qui nous échappent.

Ce soir nous pensons à nos enfants, à ceux qui peupleront le monde lorsque nous ne serons plus là.

Nous méritons tous de vivre dans un monde dont nous sommes fiers.

C’est pourquoi dès maintenant, nous entrons en guerre. Une guerre contre toute menace à nos libertés.

banksy

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